Karaté Source wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Karat%C3%A9#Sh.C5.8Dt.C5.8Dkan-ry.C5.AB


Le terme
karate-dō écrit en kanjis.
Le
karaté (空手道,
karate-dō[color:0973=#00e]
?) est un art martial dit japonais. Cependant, l'origine est okinawaïenne (l'île principale de l'archipel des Ryūkyū), qui a longtemps constitué un royaume indépendant du Japon, au sud de l'île de Kyūshū.
ÉtymologieEn japonais, le kanji
kara (空[color:0973=#00e]
?) signifie le vide, et plus précisément la vacuité au sens bouddhique du terme, «
te » est la technique et, par extension, la
main avec laquelle on la réalise. On traduit donc souvent karaté littéralement par « la main vide ». Mais c'est une erreur due à une mauvaise interprétation.
dō (道[color:0973=#00e]
?) signifiant « voie »,
karate-dō signifie "« la voie de la main »
et du vide". Une traduction du kara plus dans l'esprit bouddhique serait : avec un esprit sans attache, sans jugement, sans forme.
[réf. nécessaire] La main étant utilisée plutôt qu'une arme pour des raisons historiques
liées à la naissance de cet art, et le vide étant représentatif de
l'angle sous lequel doit être abordée cette voie du combat. Cependant, à
l'origine,
karaté était écrit avec les kanjis 唐手 («
tō-de », « la main de Chine »).
En 1935,
en raison de la montée du nationalisme japonais, et aussi surtout à
cause de l'antagonisme sino-japonais, et pour faciliter la
reconnaissance et la diffusion du karaté, Gichin Funakoshi
a remplacé ces kanjis par l'orthographe actuelle, pour « gommer »
l'origine chinoise, sacrifiant ainsi à l'usage japonais du moment.
Présentation générale

Le
karaté est basé sur des techniques de percussion utilisant les
différentes parties du corps comme des armes naturelles (doigts, mains
ouvertes et fermées, avant-bras, pieds, tibias, coudes, genoux, tête,
épaules, etc.) en vue de bloquer les attaques adverses et/ou d'attaquer.
Les techniques regroupent des parades, des esquives, des balayages, des projections et des clés.
[réf. nécessaire] Des nuances de contenus techniques sont relativement marquées en fonction du style (
shōrin-ryū,
shōtōkan,
shōtōkai,
wadō-ryū,
shitō-ryū,
gojū-ryū...).
Pour acquérir la maîtrise de ces techniques en combat, l'enseignement comporte trois domaines d'étude complémentaires : le
kihon (基本), les
katas (型 ou 形) et le
kumite (組手).
- Le kihon (qui signifie « technique de base »)
consiste à répéter individuellement et la plupart du temps en groupe
des techniques, positions et déplacements. Pratiqué avec un partenaire
de façon codifiée, on parle alors de kihon-kumite.
- Le kata (qui signifie « forme ») est un enchaînement codifié et structuré de techniques, représentant un combat réel contre plusieurs assaillants virtuels quasi simultanés, ayant pour but la formation du corps, l'acquisition d'automatismes ainsi que la transmission de techniques secrètes. Le kata
dépasse l'aspect purement technique en permettant au pratiquant, après
de nombreuses répétitions, de tendre vers la perfection des mouvements.
- Le dernier domaine est le kumite ou combat (en fait, le but réel du karaté). Littéralement cela signifie « grouper les mains », c'est-à-dire travailler en groupe et non plus tout seul. Cette notion de kumite peut prendre de multiples formes en karaté de la plus codifiée à la plus libre. Le combat peut être pré-défini (kihon-kumite),
fixé à un nombre d'attaques précis ("ippon kumite" pour une attaque,
"nippon kumite" pour deux attaques, "sanbon kumite" pour trois attaques,
…), dit souple (jū kumite), sans contact (kunde kumite) ou libre (jiyū kumite).
Les origines de l'art Bodhidharma et le temple de Shaolin (l'origine mythique)Articles connexes : Monastère Shaolin et kung-fu Shaolin.
En [480] ou 520, un moine nommé Bodhidharma quitta l’Inde pour s’installer dans le temple de Shaolin dans le Nord de la Chine
1. Ce monastère de la petite forêt (少林寺,
shǎolín sì en Chinois) situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Deng
Feng, avait été créé au premier siècle de notre ère par un certain
Batuo, nommé le « Premier Ancêtre » et consacré en 496 par l’Empereur
Xiaowen (Chao Wen) des Wei du nord qui lui décerna le titre de « Premier
Monastère sous le Ciel ». Il s’agissait donc d’un monastère déjà très
connu avant l’arrivée de Bodhidharma.
Durant neuf ans et devant un mur, Bodhidharma décida de se livrer à la méditation bouddhique. Cependant, au bout de trois ans de veille, le Prince Bodhidharma
se laissa aller au sommeil et rêva des femmes qu'il avait jadis aimées.
À son réveil, furieux de sa faiblesse, il s'arracha les paupières et
les enterra. Quelque temps plus tard, il observa que les paupières
avaient poussé, donnant naissance à un buisson qu'il n'avait jamais vu
auparavant ; il en grignota les feuilles, et s'aperçut qu'elles avaient
la propriété de tenir les yeux ouverts. Ses disciples chinois
récoltèrent les graines ; ainsi commença la culture du thé. Cette
découverte lui permit de prolonger sa méditation six longues années. Ce
faisant il se mit à comprendre le langage des fourmis et découvrit la
vérité.
La tradition, toujours elle, affirme que ces bonzes, faméliques parce
que mal nourris, ne pouvaient supporter l’immobilité que leur imposait
la méditation. Bodhidharma
se souvint alors de diverses formes gymniques, plus ou moins
guerrières, qu’il avait étudiées pendant son jeune âge sous la direction
de son père. Ce dernier était, en effet, en plus de sa fonction de roi,
un haut initié de la caste des Ksattriyâs et connaissait donc l’art du
combat, proche de ce qui est, actuellement en Inde, le Kalaripayat. Il mit donc au point une méthode connue sous le nom évocateur de «
Nettoyage des muscles et des tendons, purification de la moelle et des sinus »...,
le « Yijing kingyi suijing », parfois écrit « I chin ching », méthode
connue également sous les dénominations de Shi Ba Lo Han She (Shih Pa
Lohan Sho), et de Ekkinkyo (Ekki Kin Kyo Jya) en Japonais.
Cette méthode mi-gymnique, mi-martiale fit couler beaucoup d’encre
puisqu’elle fut considérée par certains comme étant à l’origine même des
diverses pratiques martiales réputées du Monastère de la Petite
Forêt... donc de la plupart des arts martiaux chinois et, ce faisant des origines profondes des arts martiaux japonais (Bujutsu et Budo).
L’enseignement de ces techniques a été et est toujours secret. Sa diffusion a été possible lors de l’invasion du temple Shaolin
qui a forcé les moines à fuir dans toute la Chine et donc à diffuser
ces techniques. De nos jours, beaucoup de styles se disent toujours
d’inspiration de Shaolin.
Bodhidharma serait le 28
e descendant de Bouddha
2 et le fondateur du Chan (zen en Japonais), bouddhisme influencé par le taoïsme et le plus répandu en Chine (à l'exception du Tibet et de la Mongolie intérieure), enrichi par la culture coréenne avant d'arriver enfin au Japon
3. Il diffusa
son bouddhisme dans toute la Chine.
La naissance des arts martiaux s'est faite dans une période d'échanges constants avec la Chine, il y avait mélange permanent d'exercices physiques, de récits mythiques et de philosophie.
Critique historiqueCes récits historiques de la création du karaté semblent néanmoins teintés du désir japonais de minimiser l’influence chinoise
1. Il s’avère que des pratiques guerrières, ou martiales étaient déjà très développées en Chine bien avant la venue de Bodhidharma.
Sunzi, Général chinois, dans ses
Treize chapitres sur l’Art de la Guerre,
ouvrage écrit au quatrième siècle avant notre ère, traite, par exemple,
de l’Art du Poing (Quanfa ou Chuan Fa) et en conseille l’usage aux
officiers, 800 ans avant la venue de l’Illuminé en Chine.
Les historiens japonais de la période nationaliste attribuaient la
paternité des Arts martiaux à Bodhidharma donc au courant bouddhiste
zen. Ils en avaient ignoré les origines taoïstes à dessein, à l'instar
des Shogun et autres "daimyō" pendant toute l'Histoire du Japon, depuis l'Époque Kamakura, le "zen" étant ce qui convenait le mieux à une "caste guerrière".
Ils passaient ainsi sous silence les autres versions issues d’une
tradition chinoise, avec laquelle le Japon impérial avait historiquement
peu d’affinités.
Ceux d'aujourd'hui ne font guère mieux, en attribuant au karaté
ancestral okinawaïen les modifications qu'ils ont eux-mêmes apportées à
certaines techniques ainsi qu'à leur nom, ou en qualifiant de
"traditionnelles" les écoles modernes les plus récentes (Me Funakoshi
étant le "père" du karaté "moderne". Comment "son karaté" peut-il être
"traditionnel", s'il est "moderne"? Ce qui par ailleurs, n'enlève rien à
sa valeur.).
En outre, il semble qu'il y avait bel et bien 5 temples portant l'appellation "Shaolin" en Chine. Le moine bouddhiste aurait trouvé refuge non pas dans le temple Shaolin
du Quangzhou (d'où proviennent bien les applications martiales
apparentées au kung-fu) mais dans celui de Songchan dans le He Nan, au
centre de la Chine. Le monastère de Quangzhou étant situé bien plus au
Sud, son influence sur la pratique martiale d'Okinawa est incontestable.
Beaucoup de biographies de grands maîtres du karaté attestent
d'ailleurs de très longs séjours réalisés dans le sud de la Chine. C'est le cas, notamment de Kanryō Higaonna le Maître du Naha-te et de Chojun Miyagi, son meilleur disciple et père du Goju-ryu,
qui furent plutôt influencés par les traditions martiales taoïstes
(travail basé sur la respiration abdominale entre autres), mais aussi de
Sakugawa Kanga ou "Tode Sakugawa" et de Sokon Matsumura, père du Shorin-ryu, ancêtre du Shotokan, qui eux ont voyagé dans presque toute la Chine et ont été plutôt influencés par les Shaolin quan (poings de Shaolin) mais aussi plus près de nous de Kanbun Uechi ce qui indique la persistance des échanges.
D'Okinawa au JaponAprès avoir été importé de Chine, le karaté a été développé et perfectionné à Okinawa
4. Les plus grands experts de la fin du XIX
e siècle et du début du XX
e (dont Hanashiro Chomo, Chotoku Kyan, Azato Yasutsune (le premier maître de Funakoshi), Kentsu Yabu, Ankō Itosu (le second maître de Funakoshi), Chibana Shōshin (l'un des condisciples de Funakoshi), Gichin Funakoshi, Kanryō Higaonna, Chōjun Miyagi (disciple du précédent), Kenwa Mabuni (autre condisciple de Funakoshi), ... sont tous originaires d’Okinawa. À part Kanryō Higaonna, et Chōjun Miyagi son disciple et successeur, tous les autres, sans exception, sont des disciples, directs ou indirects de Sokon Matsumura (1809 - 1896).
Il n’y a pas de trace écrite de la transmission de ces techniques à Okinawa
qui est le berceau du karaté tel qu'il est pratiqué aujourd’hui. Mais
ce dont on est sûr c’est que ces techniques ont été importées en grande
partie de Chine, la culture d'Okinawa étant encore plus sinisée que la
culture japonaise. Les Okinawaïens avaient aussi des techniques
martiales qui leur étaient propres, comme la rotation axiale du poing
dans les coups de poing et les blocages.
En 1409, le roi Sho Hashi unifie les territoires d’Okinawa
et interdit la possession et l’usage des armes par crainte des révoltes
populaires. Deux cents ans plus tard, soit en 1609, après l'invasion de
l'île par le clan Satsuma, les armes sont encore confisquées par le
nouveau gouvernement, japonais cette fois. Cette interdiction contraint
les habitants à développer un mode de combat afin de pouvoir repousser
les envahisseurs à mains nues.
Pour ces raisons, les habitants d’Okinawa ont adapté les méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te, (nom donné au "Tō-de" à partir de la 2
e moitié du XIX
e siècle, en réaction à la domination japonaise) en développant des techniques de combat à mains nues (sans armes).
Te signifiant « main »,
Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa.
Les facteurs de développement du karatéDe nombreux facteurs ont permis le développement du karaté (initialement
tō-de ou
To-te (main chinoise) ou encore plus simplement appelé
De ou "Te" par les Okinawaïens) :

Les maîtres du karaté à Tokyo (années 1930).
(En partant de la gauche

Kanken Tōyama, Hironori Ohtsuka, Takeshi Shimoda, Gichin Funakoshi, Chōki Motobu, Kenwa Mabuni, Genwa Nakasone et Shinken Taira.
- les nombreux échanges commerciaux entre Okinawa
et la Chine ainsi que le lien de vassalité qui reliait les rois
d'Okinawa à la Dynastie chinoise ; de ce fait, de nombreux habitants de
l'île sont partis étudier un art martial chinois, puis, de retour, l'ont
adapté en l'incorporant à leur propre art martial ;
- L'installation sur l'île d'Okinawa, dans le village de Kumemura, de
trente-six familles chinoises dans le but de faciliter les échanges
culturels et commerciaux entre cette île et la Chine ;
- Le karaté s'est sans doute également développé sur l'île d'Okinawa en réaction à l'interdiction faite par les Japonais aux Okinawaïens de porter et de posséder des armes (après l'annexion au XVIIe siècle de l'archipel par le Japon et l'installation du clan Satsuma en 1609). Ainsi, les Okinawaïens utilisèrent leurs mains en guise d'armes.
Deux grands courants principaux sont apparus liés aux deux principales villes d'Okinawa : Shuri (
shuri-te) et Naha (
naha-te). Un troisième courant (
tomari-te) s'est également développé, combinant certaines techniques des deux précédents, mais malgré tout, plus proche du
shuri-te, s'expliquant en partie du fait de la situation géographique de sa ville d'origine, Tomari, située entre Shuri et Naha.
Du XVII
e siècle au XIX
e siècle,
du fait que la pratique de cet art était interdite par l'occupant
japonais, les cours avaient lieu en secret, de nuit dans des jardins
fermés. Il s'est
"ouvert" au milieu du XIX
e siècle grâce à Sokon Matsumura, héritier du shuri-te et créateur du Shōrin-ryū, qui fut le garde du corps personnel des trois derniers rois d'Okinawa, et entraîneur officiel de leur garde.
Suite au choix fait par Shoshin Chibana, pour satisfaire la demande de Jigoro Kano (créateur du Judo), c'est Maître Funakoshi qui introduisit le karaté en 1922 sur l'archipel japonais en réalisant une démonstration devant l'empereur du Japon.
Le développement des techniques du karaté et leur enseignement s'est fait aussi grâce à des maîtres tels que Sōkon Matsumura (1809 - 1896) ainsi que son principal disciple, son successeur Ankō Itosu (1832 - 1916).
Ce dernier a développé une véritable pédagogie du karaté Shōrin-ryū, créant les cinq premiers kata de base (
pinan shodan, pinan nidan, pinan sandan, pinan yodan, pinan godan), à partir de plusieurs kata d'origines, longs et compliqués dont, entre autres:
kosokun dai (ou
kushanku dai ou encore
kanku dai en japonais). Il fut, en 1901, l'instigateur de l'introduction du
karaté comme "matière" obligatoire dans le cursus scolaire d'Okinawa.
C'est d'ailleurs pour faciliter son enseignement à de jeunes enfants
qu'il a créé les Pinan.
Ce fut Chōjun Miyagi, le père fondateur du
gojū-ryū, qui présenta le premier l'examen officiel de Maître bushido devant les autorités du Dai Nippon Butokukai,
organisme d'État japonais créé dans le but de contrôler tous les arts
martiaux du pays. C'était la première fois qu'un Maître de karaté
faisait cette démarche. Il obtint le titre de
kyōshi (« maître »), le plus haut titre qui sera jamais donné à l'époque à un
Maître de karaté présentant cet examen. Grâce à lui, cet art martial
faisait, en 1935, sa véritable entrée dans le
budō japonais.
La même année fut décidée l'adoption du terme de "Karaté" (dans le
sens de "main vide") par l'assemblée générale des "Grands Maîtres
d'Okinawa".
Un an plus tard, en 1936, sans doute sous la pression du Dai Nippon Butokukai, Maître Funakoshi,
après avoir modifié la forme et les techniques des Katas eux-mêmes,
(pour sacrifier au développement du "Sport -Spectacle" de l'époque,
permettant ainsi au public ainsi qu'à des arbitres néophytes de
comprendre ce qui se passe en compétition) en a changé et le nom (de
Naihanchi en Tekki, et de Pinan en Heïan, de la prononciation chinoise à
la prononciation japonaise pour les mêmes raisons que celles citées
plus haut) et l'ordre des Pinan, le premier étant devenu le deuxième et
inversement.
En parallèle du karaté, s'est développé le kobudō (combat avec des outils de la vie quotidienne, agraires ou autres ustensiles de cuisine faisant office d'armes :
tonfa, nunchaku, bō, jō, saï...) :
l’interdiction d’utiliser des armes à l'époque a été contournée par
l’utilisation d’outils traditionnels. C’est ainsi qu’on retrouve parmi
les armes traditionnelles d’Okinawa : le bō (le bâton de l’éleveur a
multiples usages), le nunchaku (utilisé pour battre le blé, le riz), le saï (trident qui servait à faire un trou pour planter le plant de riz), le tonfa (manche de meule), l'eku (la rame de barque) L'école de Kobudo la plus connue dans le monde est du courant de maître Matayoshi.
Le karaté, futur sport olympique ?Article connexe : Karaté aux jeux olympiques.
Avec 50 millions de pratiquants dans le monde
5, le karaté est le deuxième art martial le plus pratiqué, derrière le taekwondo (60 millions de pratiquants
6), mais devant le judo (8 millions de pratiquants
7). Pourtant, contrairement à ces deux derniers, il n'est pas sport olympique. Néanmoins, la Fédération mondiale de karaté (WKF) est reconnue par le Mouvement olympique
8 et il est au programme des Jeux mondiaux, des Jeux asiatiques et des Jeux Méditerranéens, critères d'évaluation pour devenir sport olympique.
Le taekwondo est devenu discipline olympique à partir des Jeux de 2000 à Sydney, sous l'impulsion de Juan Antonio Samaranch, président du Comité international olympique de l'époque.
En 2005, lors de la 117
e Session du CIO à Singapour, il a été décidé que le baseball et le softball ne seraient plus au programme des Jeux à partir de 2012.
Il restait donc deux places disponibles pour de nouvelles disciplines.
Cinq sports non olympiques ont été examinés par la commission du
programme olympique : le roller sports, le squash, le golf, le karaté et le rugby à sept.
2 ont été retenus pour être au programme des Jeux de Londres : le
squash et le karaté, ils ont tous les deux obtenus 60% des voix en leur
faveur, mais la majorité des 2/3 était requise
9.
Une nouvelle session aura lieu en octobre 2009, à Copenhague, pour déterminer quelle ville organisera les jeux de 2016 et quels seront les sports présents. Le karaté fait partie une nouvelle fois des cinq sports non-olympiques éligibles
10 et désormais la majorité absolue des voix suffit
11.
Des contacts ont d'ores et déjà lieu, toutefois, entre les
fédérations de handisport et l'International Paralympics Comitee. Une
démarche a été entamée pour que le handikaraté (notamment sa pratique en
chaise) soit en démonstration dès les jeux de Londres 2012.
Le 11 août 2009, on apprend que sept sports sont en lice pour
intégrer le programme olympique des Jeux de 2016 : le golf, le roller,
le rugby, le squash et le karaté ainsi que le baseball et le softball, retirés lors de la 117
e session du Comité international olympique
12, réunie à Singapour
13 de la liste des sports olympiques à compter de 2012. Les fédérations
concernées ont effectué des présentations à la commission exécutive (CE)
du Comité International Olympique en juin. Une évaluation approfondie
de la valeur ajoutée potentielle qu'ils apporteraient aux Jeux a été
réalisée par la commission du programme olympique. La CE sélectionnera à
la mi-août à Berlin deux sports parmi les sept qui seront ensuite
soumis au vote de l'ensemble des membres du CIO lors du prochain Congrès
Olympique qui se tiendra à Copenhague du 3 au 5 octobre 2009
14.
La dénomination karatéComme dit plus haut, le karaté vient de Chine. Cette boxe chinoise était connue à Okinawa sous le nom de Tō-De depuis le XV
e siècle jusqu'à la fin du XIX
e siècle, puis d'
Okinawa-Te.
Au début du XXe siècle, la prononciation okinawaïenne du mot Tō-Te a été remplacée par la prononciation japonaise Karaté (唐手), littéralement «main de Chine», sans changer l'écriture.En 1935,
les "Grands Maîtres" d'Okinawa ont organisé une "assemblée générale"
pour décider de la politique à adopter pour favoriser le développement
de leur art et en faciliter la reconnaissance et la diffusion au Japon.
C'est lors de cette réunion que, à cause de la montée du nationalisme
japonais et surtout de l'antagonisme sino- japonais du fait de la guerre
récente entre les deux pays, perdue par le Japon, mais aussi pour
montrer leur
"japonisation", qu'ils ont décidé de modifier les idéogrammes 唐手 ("main chinoise") qui étaient prononcés
Tō-Te en okinawaïen et
Karaté en japonais par les idéogrammes 空手 ("main vide" dans le sens bouddhique de vacuité) prononcés également
Karaté, suivant en cela les préconisations de l'un d'entre eux, Hanashiro Chomo, qui avait déjà fait cette modification en 1905.
Envoyé près de 15 ans plus tôt par les mêmes, pour satisfaire la demande de Jigorō Kanō, Gichin Funakoshi
venu faire une démonstration, resté au Japon pour enseigner le karaté,
Jigorō Kanō lui apportant son aide pour s'installer, adopte à son tour
cette modification.
Les différentes pratiques et styles majeurs du karatéPlusieurs écoles ou styles différents se sont créés au cours du XX
e siècle.
Ils varient tous les uns des autres, dans bien des domaines : frappes,
positions de combat, utilisation d'armes, applications martiales ... Les
quatre grands styles officiels du karaté sont : le Shotokan, le
Gōjū-ryū., le Wado-Ryu et le Shito-Ryu. Toutefois, au cours de
l'histoire, nombre d'écoles se sont créées et ont grandi avec plus ou
moins de réussite.
Il est aussi intéressant de noter, qu'à part le Gōjū-ryū. tous les autres styles, sans exception, sont issus du Shōrin-Ryū de Sōkon Matsumura.Bien qu'aujourd'hui il y ait beaucoup de différents karatés pratiqués
en tant que sports, à l'origine il n’y en avait qu’un seul et unique.
Le Premier Karaté ou Traditionnel (Karate-Do) était le Karaté originel
auquel ces différents sports, qui sont arrivés plus tard, ont emprunté
le nom « karaté », comme il est généralement et largement utilisé
aujourd'hui.
Après la Deuxième Guerre mondiale, la valeur du karaté pour
l'autodéfense, la forme physique, la compétition et le développement
général mental et physique est devenue de plus en plus reconnue.
Cependant, en tant qu’art martial, le karaté nécessite de longues études
approfondies. La pratique du karaté allait connaître un boom de
popularité, et les exigences de longues études approfondies ont fini par
être ignorées à cause de la demande du monde d’aujourd’hui, qui veut
des résultats plus rapides ainsi qu’un développement plus rapide. Le
résultat a été l'apparition de beaucoup de nouveaux sports utilisant le
nom de karaté. Pour éviter la confusion avec ces nouveaux sports, le
public a commencé à distinguer le Karaté originel en tant que « Karaté
Traditionnel ».
Shōtōkan-ryūShô: Pin du JaponTô: L'énergie mouvante de l'OcéanKan: Maison


Funakoshi Gichin (1868-1957), père du style Shotokan.
Shōtōkan-ryū, l'école de «
la maison de Shoto », Shoto étant le nom de plume de Gichin Funakoshi : style de karaté japonais fondé en 1938 et issu du Shorin-ryu d'Okinawa introduit par Funakoshi père.
Né en 1868 Funakoshi vécut dans le district de Yamakawa-Chô sur l'Île
d'Okinawa. L'ère Meiji débutait, l'homme était alors très cultivé et de
surcroît poète. Sensible au code moral de ses ancêtres il observait
rigoureusement les interdits d'autrefois, et considérait au vu de ces
principes que le Samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une
image impeccable.
Le Maître Gichin Funakoshi est considéré, au Japon, comme le fondateur du karaté moderne
15.
Il fut l'un des premiers à promouvoir cet art martial et fut choisi afin
de représenter le karaté-do lors de la première démonstration nationale
d'athlétisme à Tokyo en 1922, sur invitation de Jigorō Kanō, fondateur
du judo.
Avant de s'éteindre en 1957, il forma de nombreux élèves : Obata,
Okuyama, Harada, Hironishi, Takagi, Ohshima, Nakayama, Nishiyama, Kase,
Egami ....
Mais c'est son fils Yoshitaka
qui fut à l'origine du style tel qu'on le connaît désormais. Ce style
est considéré comme l'un des plus puissants; les coups de poings sont
directs, les coups de pieds bas et les katas sont longs (comme dans le Shorin-ryu
dont il est issu, mais en moins puissant, du fait de la suppression du
travail du bassin et des hanches dans les déplacements). Cependant une
scission est apparue avec la JKA (Japan Karaté Association) en raison de
plusieurs désaccords notamment quant aux adaptations sportives liées au
karaté de compétition que Funakoshi père exécrait.
On peut donc dire qu'il existe plusieurs courants shotokan, le versant traditionnel étant représenté entre autres par Tsutomu Ohshima (la famille Funakoshi lui à d'ailleurs confié la traduction du 2
e Livre du maître « karaté do kyohan », où, pour la deuxième fois, la
main chinoise est devenu la voie de la main vide, les idéogrammes
japonais "chinois" et "vide" ayant la même prononciation. Il s'agit
certainement du meilleur livre du maître, le plus complet, fruit de
nombreuses recherches où il livra la version définitive de sa voie de la
main vide) qui prône un karaté proche de Funakoshi père.
Ce courant également appelé Shotokan Ohshima est représenté en France
depuis 1964 par l’organisation France Shotokan. Un autre Shotokan
important est celui de [Taïji Kase](1929-2004), car même si ce dernier a
été rattaché à la JKA et a entraîné de grands champions et malgré
certaines positions identiques au fils Yoshitaka,
notamment le kiba-dachi très large (dur pour les genoux), il a fini par
développer dans un esprit traditionnel son propre style représenté en
France entre autres par l’organisation IEKS (Institut d'Enseignement du
Karaté Do Shotokan Ryu Kase Ha).
Le shotokan de Hirokazu Kanazawa est actuellement un des héritages les plus marquants de l'histoire du karaté dont le style est teinté de tai-chi-chuan que le maître a parallèlement étudié.
Karate-do Shotokaï Egami-ryuAssociation fondée en 1935 par les disciples de Gichin Funakoshi mais ne devient un style de Karaté à part entière qu’en 1957 sous l’égide de Shigeru Egami. Ce style se veut être le prolongement des recherches de
Yoshitaka Funakoshi (Shotokan) et intègre des techniques et notions propres à l’aïkido afin de rendre la méthode davantage en rapport avec les traditions martiales japonaises (Budo). Deux courants prédominent le shotokaï actuel, celui de Tetsuji Murakami
(également subdivisé en plusieurs associations du fait de sa mort et de
la dispersion de ses élèves : Kiseikai, Shotokaï Europe, Mushinkai…
Shotokaï Egami Do) et celui de Mitsusuke Harada.
Gōjū-ryū

Chōjun Miyagi.
Les Gōjū-ryū est un style de karaté prenant son origine dans le Naha-Te (puis Shorei-ryu) d’Okinawa et fondé par Chojun Miyagi en 1926. C'est ce dernier qui concrétisa le passage du Naha-Te au Goju-Ryu et qui décida de l'appellation. La véritable branche japonaise du Gōjū-ryū connut toutefois son essor avec un de ses élèves, Gogen Yamaguchi, un maître légendaire du karaté qui fut surnommé « le chat ».
Chojun Miyagi
fut sans conteste le seul maître qui réussit à convaincre les autorités
japonaises d'adopter le karaté parmi les arts martiaux reconnus du Budo. Ce maître de Gōjū-ryū présenta en 1935 l'examen officiel de Maître Bushido devant ces mêmes autorités du Dai Nippon Butokukai.
C'était la première fois qu'un Maître de karaté faisait cette démarche.
Il obtint le titre de Kyōshi, le plus haut titre qui sera jamais donné à
l'époque à un Maître de Karaté. Il parvenait de la sorte à concrétiser
un projet que Gichin Funakoshi
caressait sans trop de résultat depuis des années : faire reconnaître
le karaté comme art martial à part entière par le Japon et le faire
adopter dans la pratique d'entraînement des guerriers du Budo.
Le style Goju-Ryu
16 a été celui de la casse
par excellence, exercice pratiqué antécédemment afin de voir le degré
de force et de résistance des meilleurs élèves. Style de karaté resté
assez traditionnel, il marie des techniques issues de différentes écoles
chinoises ainsi que les bases ancestrales d'Okinawa. Caractérisé par
des positions naturelles, il comprend des modes de frappes et des
déplacements souvent circulaires, visant les points vitaux. Le Goju-ryu est fortement influencé par les méthodes du sud de la Chine :
mêmes concepts techniques, même importance donnée au travail de
l'énergie interne. Les postures sont stables et puissantes (sanchin
dachi est la plus caractéristique du style et se retrouve dans tous les katas du Goju-Ryu),
les coups de pieds bas uniquement (essentiellement mae-geri et
kensutso-geri), la respiration ventrale sonore, les déplacements courts
et en demi-cercles. Le représentant du Goju ryu en France au sein de la
Fédération Française de karaté est Maître Oshiro Zenei.
Wadō-ryūLes Wadō-ryū (和道流[color:0973=#00e]
?, l'école de la voie de la paix) est style japonais de karaté créé en 1939 par Hironori Ohtsuka. Celui-ci était maître de ju-jitsu lorsqu’il découvrit le karaté sous la férule de Gichin Funakoshi. Il complètera quelques lacunes grâce à ses connaissances initiales et à la pratique du Shito-ryu
afin de créer son style plus proche du Budo. Initialement pratiquant de
karaté Shotokan, Ohtsuka perçoit les limites de ce style après une
sévère défaite que lui inflige un pratiquant de boxe chinoise. Il
modifia le shotokan original en développant un style moins rigide,
visant à éviter les coups de l'adversaire plutôt qu'à les bloquer comme
le fait le karaté shotokan.
Shito-ryūShito-ryū est un style de Karaté d’Okinawa créé en 1939 par Kenwa Mabuni. Le fondateur a été un élève brillant des 2 grands maîtres de l’île : Anko Itosu du Shuri-te, et Kanryo Higashionna (ou Higaonna) du Naha-Te. Ce style possède officiellement 60 katas. Le Shito-ryu est le style possédant le plus de katas. Maître Mabuni,
créateur du style, rajouta au Naha-te et au Shuri-te des techniques
souples de mains comme des blocages circulaires et des attaques de
poings à courte distance qui lui furent nécessaires dans l'exercice de
son métier de policier. Ce style utilise des coups de poings souples et
les coups de pieds visent les parties médianes du corps.
Lexique des termes japonais couramment utilisés au karatéLes trois mots en gras sont les trois niveaux d'attaque différents.
Mot japonaisTraduction française
| Age | Lever, remonter |
| Atemi | Frappe |
| Barai | Balayer |
| Chūdan | Niveau moyen (abdomen) |
| Dan | Niveau, degré, grade pour une ceinture noire |
| Dachi/Tachi | Position |
| Dōjō | Endroit où l'on apprend la voie, où se pratique le karaté |
| Enpi (ou Hiji) | Coude |
| Gedan | Niveau bas (jambes) |
| Geri/Keri | Attaque de la jambe (coup de pied) |
| Gyaku | Contraire, opposé |
| Haitō | Tranchant intérieur de la main (côté pouce) |
| Hajime | Commencez ! |
| Hara | Ventre |
| Hiza | Genou |
| Jōdan | Niveau haut (visage) |
| Karate | Main vide |
| Kansetsu Geri | Coup de pied cassant (pratiqué au niveau des genoux) |
| Kime | Décisif, « décision ultime », force |
| Kyū | Classe, grade avant le dan |
| Mae Geri | Coup de pied de face |
| Mawashi Geri | Coup de pied circulaire |
| Morote | À deux mains |
| Nukite | Pique des doigts de la main |
| Oi Tsuki | Coup de poing en poursuite |
| Rei | Salut |
| Ryū | Méthode, école |
| Sabaki | Esquiver, tourner |
| Sensei | Professeur, Maître |
| Shūtō | Tranchant extérieur de la main |
| Sokutō | Tranchant du pied |
| Soto | Extérieur |
| Tatami | Tapis en paille de riz |
| Tori | Celui qui attaque |
| Tsuki/zuki | Attaque directe (utilisé pour le poing) |
| Uchi | Intérieur |
| Ude | Avant-bras |
| Uke | Celui qui se défend |
| Ura | Opposé, arrière |
| Ushiro | Derrière |
| Wado | Colombe |
| Yame | Arrêtez ! |
| Yoko | Côté |
Codes et pratiques

Combat entre Marko Luhamaa et Mohanad Mohamed, lors du championnat du monde, en 2006.
Chaque cours commence et se termine par une courte méditation (facultative) et par le salut (
rei), les élèves faisant face au professeur ou
sensei. Parfois aussi, les plus gradés ou anciens (
sempai) sont situés légèrement à part et saluent le
sensei séparément en plus du salut à tous. Le salut se fait en silence et avec respect mutuel.
Les séances d'apprentissage commencent habituellement (même si ce
n'est pas codifié) par un échauffement (ou préparation physique) qui
prépare les muscles et articulations à l'entraînement proprement dit. On
adaptera l'échauffement à l'entraînement qui suivra en insistant sur la
souplesse, l'endurance ou encore la force physique.
L'entraînement peut se composer de
kihon (ou
drill) qui est constitué de répétitions et/ou enchaînements de mouvements; de l'apprentissage de un ou plusieurs
kata (combat imaginaire codifié contre un ou plusieurs adversaires), de l'assimilation de
bunkai (ou application du kata au combat) et enfin de
kumite (ou combat), lequel pouvait être souple (
ju-kumite) pour s'échauffer et tester des techniques ou plus codifié pour apprendre la prise de distance et les tactiques de combat (
ippon kumite,
sambon kumite,
gohon kumite,
pinan kumite,
oyo kumite).
La compétition en karaté sportifIci sont expliquées les règles de la compétition selon la Fédération mondiale de karaté (WKF)
23, fédération reconnue par le mouvement olympique. Des compétitions d'autres styles suivent des règles différentes telles que les compétitions Kyokushinkai, régies en France par la Commission Nationale Kyokushinkai au sein de la Fédération Française de Karaté
24. D'autres compétitions sont régies par les règles de la World Kickboxing and Karate Association (WKA)
25 notamment en Amérique du Nord.